
C'est un des plus majestueux temple de la cité d'Angkor qui s'apprête à revivre après être resté près de 500 ans à l'abandon.
Une équipe d'architectes français travaille à la restauration de Baphuon qui devrait permettre de le présenter reconstitué d'ici 2 ans.
L'édification de la cité d'Angkor a débuté vers la fin du IXe siècle, quelques décennies après la fondation de l'empire Khmer. Le site est immédiatement choisi pour en faire leur capitale, mais les travaux vont perdurer tout au long de la durée de l'empire. De nombreux temples vont être construit, suivant un schéma souvent identique. Une bute de terre naturelle ou artificielle est aménagée pour recevoir l'édifice, le tout devant symboliser le mont Meru. Baphuon sera érigé vers 1060 sous le règne de Udayadityavrman II (1050-1066). Destiné à la gloire de Shiva, il sera connu sous le nom de Svarna-Dri, la montagne d'or. On pense que l'intégralité de la colline artificielle et du temple furent recouvert de plaque de bronze.
Malheureusement, son succès n'est que de courte durée. Après des périodes troubles à la fin du XIIe siècle, Angkor, repris aux Chams par Jayavarman VII, devient le siège religieux du bouddhisme et les temples sont tour à tour modifiés. Le déclin du royaume Khmer approchant, la capitale d'Angkor sera abandonnée en 1431. Des moines Bouddhistes s'y installeront, continuant à modifier l'ancienne cité avant d'être livré à la jungle au cours du XVIe siècle.
Redécouvert, Baphuon subira plusieurs tentatives de restauration plus ou moins réussie entre 1908 et 1918, puis 1950. La guerre civile emmenée par les Khmers rouge arrêtera tout sauvetage, si bien que lentement, le temple s'effondra, libérant et éparpillant plus de 300 000 pierre.
C'est en 1995 qu'un ambitieux projet débuta la remise en état du temple millénaire. Des architectes, assistés de l'Ecole française d'Extrême-Orient sont toujours au travail sur le site. "La principale difficulté a été de nous occuper d'un monument qui avait été abandonné, un monument démantelé, sans qu'on ait la photo originale", expliquait Pascal Royère, l'architecte en charge du projet. Les visiteurs peuvent déjà admirer la face orientale du temple, et l'équipe souhaite étendre l'accès au publique progressivement.