
Depuis l'explosion du bloc soviétique, la Mongolie quitte lentement le communisme et retrouve la liberté de culte, de moeurs et d'histoire. Et c'est à ce titre que le peuple mongol cherche à retrouver son identité au travers de leur ancêtre, le puissant et craint Temujin, leur ancien chef suprême.
Né au alentour de 1165, Temujin, n'est alors que le fils d'un simple chef de clan, les Borjigid. A la suite des rivalités entre seigneurs, il se retrouve orphelin à l'âge de 10 ou 12 ans et est exclu de sa tribut par les nouveaux dirigeants. Adopté par des parents proches, il vit en nomade jusqu'à sa majorité avant de s'installer avec sa femme dans le nord de la Chine.
Aidé des chinois, il mène un jeu politico guerrier, afin de rassembler sous son autorité les divers tribus mongoles, réussissant même à éliminer les puissants Tatars, anciens assassins de son père. En 1206, il contrôle l'ensemble de la Mongolie et le conseil des seigneurs mongols nomme Temujin, Genghis Khan (Chef suprême).
Durant les premières années de son règne, il développe une immense armée nomade et grâce à elle, fait plier l'empereur de Xia occidentale en 1209, avant de s'attaquer à la dynastie chinoise des Jins en 1211. Après de nombreuses batailles, il leur prend un territoire gigantesque allant jusqu'à Pékin. En 1215, une trêve est conclue entre les deux empereurs.
Après avoir maté quelques généraux et seigneurs rebelles, il se tourne vers l'ouest. A la suite d'une négociation manquée avec le royaume Khwarizm, il l'envahi en 1220 avec une force de 200000 hommes, s'ouvrant des débouchés sur la mer Caspienne et le golfe persique.
Il est en campagne en Iran lorsque l'empereur Jin se soulève. Anéantissant les Tangoutes en 1226, Genghis Khan lance son armée sur la Chine la même année. Malheureusement, il meure en route et donne les rênes du pouvoir à son fils Tului qui terminera la conquête et placera son propre fils à sa tête de la Chine sous le nom de Kubilai Khan
Le tombeau de Genghis Khan n'a encore jamais été retrouvé, ce qui donne une aura et un mystère supplémentaire à ce personnage presque divinisé dans son pays. On comprend alors pourquoi après des décennies d'autarcie communiste, la Mongolie cherche un nouveau repère.
Pourtant, malgré un virage vers la démocratie, la liberté d'expression, elle, ne semble pas encore à l'ordre du jour. Il est vrai que l'image vénérée du fondateur de l'empire mongol se retrouve utilisée à toutes les sauces. Marques de boissons alcoolisées ou énergétiques, noms d'hôtels ou de restaurants, le gouvernement s'inquiète des dérives qui pourraient découler de la ferveur d'un peuple pour son guide historique. Pour ces raisons, les politiciens parlent de promulguer une loi réglementant l'utilisation du nom Genghis Khan. Même si la première approche est d'éviter d'associer ce grand homme à des tondeuses, bonbons ou autres savons, il est bien regrettable de voir les autorités en arriver là. Interdit-on en France l'utilisation de Vercingétorix, Charlemagne ou autre Napoléon sur les boites de céréales ou sur des produits ménagés ?