
Ce n'est pas un simple bout de parchemin qui remue autant les cours de justice, mais un exemplaire de la Torah du XIIIe siècle. Possession d'un antiquaire, ce manuscrit aurait été volé à la Bibliothèque Nationale de France il y a 6 ans.
Acquit par la France en 1668, l'ouvrage, appelé Sefer Torah, représente ce qu'il y a de plus précieux aux yeux de juifs. Sa forme d'origine est celle d'un parchemin, fixé deux poignées de bois, que l'on déroule au fur et à mesure de la lecture. La richesse historique d'un tel ouvrage est de pouvoir constater la dérive des textes au fil des siècles, alors que justement, chaque mot, chaque lettre d'un Sefer Torah étant d'essence divine, le texte d'origine et celui d'aujourd'hui devraient être absolument identiques.
C'est donc un trésor que la BNF a perdu. Il semblerait que l'ancien conservateur, Michel Garel, en procès pour le vol de documents anciens, soit mis en cause dans sa disparition. Revendu à un marchant d'art américain pour 358000 dollars, via la maison Christie's, "Hebreu 52", l'identifiant le document, est actuellement aux mains de la justice. Malheureusement, la BNF risque de ne pas le récupérer tout de suite. Christie's, au milieu, ne veut pas porter le poids financier d'un tel remboursement, si bien qu'après une plainte de la France, puis de l'acquéreur, Christie's mise sur le tribunal à son tour.