
Edifié, on suppose, à partir du milieu du XVe siècle, le site de Machu Picchu fut choisi par les dirigeants Inca pour son isolement et sa situation élevée. Consacré à la religion, il était le siège du pouvoir temporel de l'empire amérindien et nombre de cérémonies vouées aux différentes divinités Inca s'y déroulaient.
Lors de l'arrivée des conquistadors espagnols et la chute du dernier roi Túpac Amaru en 1572, la cité fut abandonnée par sa population, estimée à environ 700 personnes, et son existence oubliée. Il fallut attendre juillet 1911 pour qu'un archéologue américain, Hiram Bingham, envoyé par l'université de Yale, ne la découvre sous une épaisse couche de végétation luxuriante. "J'ai vu les temples, les demeures royales, une grande place... C'était comme un rêve", écrivait l'explorateur dans son livre "Lost City of the Incas", publié en 1948. Mise au courant de l'incroyable découverte, l'université de Yale lui accorda alors les crédits nécessaires à la fouille du site, et Hiram Bingham étudia la cité Inca jusqu'en 1916, mettant officiellement à jour moins d'une cinquantaine de pièces archéologiques.
Malheureusement, la réalité fut tout autre. L'instabilité permanente du pays entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle permis à l'expédition de Hiram Bingham de sortir du pays 4932 objets exhumés de la cité de Machu Picchu (poteries, statuettes, objets de culte, momies et dépouilles de 173 personnes avec leurs vêtements, aliments et ornements) contre l'unique devoir de les restituer lors d'une simple demande du gouvernement péruvien. Différentes méthodes furent mises en place pour soudoyer au fil du temps les responsables locaux afin de conserver au sein de l'université de Yale le fabuleux trésors.
Une nouvelle page se tourne aujourd'hui, avec l'acceptation de Yale de réintégrer au site Inca la totalité des objets archéologiques, venant de Machu Picchu, en sa possession. Malheureusement, ce sont près de 1000 pièces, est pas des moindres, qui ont été "égarées" durant ses 90 années, certainement vendues illégalement à des collectionneurs privés.
Conservons tout de même le coté positif de la restitution, qui permettra au musée du site d'être enfin réellement un musée et non une simple galerie de photo.
En savoir plus : Le Pérou des Incas