
Lorsque la technologie vient au secours des archéologues, tout le monde y trouve son compte.
Istanbul, ville vivante et surpeuplée, près de 12 millions d'habitants, ne peut être le théâtre de fouilles importantes, les archéologues sont donc toujours en attente d'un début de chantier pour effectuer un sondage préliminaire.
Lorsque le gouvernement turc décida de lancer le projet Marmaray, c'est la communauté archéologique internationale qui sauta de joie. Marmaray devant a terme relier par voie ferroviaire les rives occidentales et orientales du Bosphore, les travaux de terrassement ont dégagés de larges tranchés dans la ville mythique.
Du coté de la Byzance européenne, c'est le site de Yenikapi qui fut le champ d'investigation des chercheurs. Sur une surface de près de 26 km², les archéologues, aidés de plus d'une centaine d'ouvriers, ont fouillé l'ancien port d'Eleuthérion implanté au IVe siècle de notre ère. Permettant le commerce avec l'Egypte et la Palestine, le port fut utilisé pendant plusieurs siècles avant d'être envahi par les sédiments et abandonné. C'est dans cette gangue de vase que 10 embarcations byzantines ont pu être découvertes dont les dernières dégagées datent du XIe siècles. Coulées pour la plupart avec leur cargaison, on y retrouve vase, amphore, mais aussi marbre.
La mise en place immédiate de systèmes de protection contre le pourrissement du bois de retour à l'air libre après 1000 ans de sommeil au fond de l'eau permettra à tous les spécialistes de disséquer les méthodes de constructions navales médiévales.
En dehors du port lui-même, ce sont les quais et les entrepôts qui on été retrouvés, mais aussi un tunnel reliant l'intérieur de la ville à la mer.
Plus loin, un monument connu uniquement par des textes et des gravures s'offres aux archéologues, un pan de muraille, d'une vingtaine de mètres, élevé sous l'empereur romain Constantin lors du passage de la capitale de Rome à Byzance, renommée pour l'occasion Contantinople.
De l'autre coté du Bosphore, à Usküdar, c'est au coeur d'un possible ancien bâtiment religieux que se sont retrouvés les archéologues médiévistes. L'abside inspectée date des XIe ou XIIe siècle et regrouperaient plusieurs sépultures décrites comme "très intéressantes", selon l'archéologue Aksel Tibet.