Le terme qui puise peut être ses origines dans le surnom injurieux adressé aux Normands dès le XIIe siècle : bigot (ancien juron anglais bî god, par Dieu) et dans un mot béarnais signifiant lépreux apparaît au début du XIVe siècle en France, pour désigner des lépreux.
En Italie (XIe siècle), vassal important détenteur, en fief, d'une pieve (voir ce mot), ou d'une part de pieve à lui concédée par l'empereur ou un autre puissant seigneur. Pluriel, Capitanei.
Aux temps mérovingiens puis carolingiens, texte législatif, administratif, religieux, etc., émanant du souverain et divisé en petits paragraphes (capitula). L'adjectif « capitulaire » désigne ce qui est relatif à un chapitre de chanoines. La mense capitulaire est la dotation permettant l'entretien des chanoines (mensa = table).
Redevance en viande (ou en outils) due au souverain pour le ravitaillement de l'armée (en mars ou en mai) et répercutée par les grands propriétaires sur leurs tenanciers.
Emplacement situé dans le flanc d'une place forte pour défendre le fossé. La casemate n'est généralement pas reliée au reste du château, abris souterrain et voûté.
Désigne sous la République romaine un camp fortifié dressé le soir à la fin de l'étape. Sous l'Empire, un camp fixe à la frontière avec des murailles de pierre. Au Bas-Empire, la partie essentielle d'une ville, fortifiée et érigée en citadelle. Au Moyen Âge, petite agglomération fortifiée, ou encore château-fort, parfois même maison seigneuriale avec la localité qui en dépend.
Du latin catapulta; du grec katapeltês. Apparue chez les Grecs au IVe siècle avant Jésus-Christ, la catapulte fut encore utilisée au siège de Rhodes en 1480. Cette machine de guerre pouvait lancer des projectiles dont certains atteignaient 80 kilos jusqu'à une distance pouvant, pour les plus puissantes, atteindre 1000 mètres.
En cas de décès d'un homme de mainmorte, sorte de taxe successorale prélevée par le seigneur sur les héritiers et constituée généralement (pays picards et flamands) par la meilleure tête de bétail ou le meilleur meuble.
Du grec catharos : pur. Adepte d'une forme de néo-manichéisme qui s'est développée en particulier en Italie et dans le Sud-Ouest de la France au XIIe siècle. Sous sa forme absolue cette religion (il ne s'agit pas seulement d'une hérésie) enseigne l'existence de deux dieux: celui du Bien, créateur des esprits; celui du Mal, auteur de la matière.
Eglise principale du diocèse où se trouve le siège (cathedra) de l'évêque. Au Bas-Empire et à l'époque des royaumes barbares, le groupe cathédral comporte trois églises.
Redevance seigneuriale, souvent ancienne, en principe fixe et perpétuelle, témoignant que le bien qui y est astreint relève de telle seigneurie. Il peut être en argent ou en nature.
Subdivision du comté de caractère militaire à l'origine, administrée par le centenier qui doit fournir rapidement des contingents, assurer la protection des domaines royaux et des hommes (il s'occupe de la justice pour les causes mineures). dans le Midi, son équivalent est la vicairie ou la viguerie.
Du bas latin centenarius, centurion. Fonctionnaire dépendant du comte, qui administrait une centaine, division territoriale, et présidait le tribunal de la circonscription.
Du latin camerarius. Celui qui est préposé à la chambre d'un grand, au sens de logement; par extension, trésorier d'un seigneur, d'un roi, d'un établissement ecclésiastique.
Assemblée annuelle, traditionnellement située en mars, pendant laquelle les souverains passaient leurs troupes en revue. Les carolingiens appliquèrent cette coutume mais au mois de mai (Champ de mai).
Du latin médiéval campartum, du latin classique campus, champ et pars, partis, partie. Quote-part, prélevée sur la récolte par le seigneur foncier et pouvant représenter jusqu'au quart de cette récolte. (synonyme: terrage, agrier)
Du latin cancellarius. Chef du service des actes, des écritures et du sceau d'un seigneur, d'un roi, d'un établissement ecclésiastique; à partir de l'époque carolingienne, clerc responsable de la chancellerie royale. Vérifie et expédie les diplômes royaux, y appose le sceau royal.
Secrétariat général du roi ou de l'empereur, dirigé par le chancelier. Les services de la chancellerie préparent la rédaction des diplômes. et des capitulaires. avant de les soumettre au souverain.
Du latin gestus, de gerere, agir. On trouve le terme en 1213 dans Fet des Romains. Poème lyrique en langue vulgaire, partagé en un certain nombre de laisses (strophes) de longueur variable. Le décasyllabe non rimé est le vers le plus généralement utilisé. Elle relate les exploits guerriers et les combats surhumains des chevaliers chrétiens en lutte contre les Sarrasins. La chanson de geste imprégnée de l'idéologie féodale en déclin évoluera vers ce qui ressemble à des romans d'aventure à partir du XIIIe siècle. La plus connue et la plus ancienne des chansons de geste connues est la Chanson de Roland dont un manuscrit datant de 1070 est conservé à Oxford.
Il s'agit de courtes compositions destinées soit à accompagner les danses des femmes, soit à égayer leurs travaux de couture, d'où leur nom. Ces poèmes décrivent parfois une simple situation d'amour, mais il s'agit le plus souvent d'une aventure dramatique qui leur valut l'autre nom de chanson d'histoire. Les travaux domestiques des dames pouvaient également être le cadre de la récitation de textes de ce que l'on appela des évangiles des quenouilles, fort en vogue au XIIIe siècle, dont il nous reste plusieurs recueils manuscrits ou imprimés tous différents par leur contenu. Il s'agit de recettes savantes, sortes de "remèdes de bonnes femmes", permettant de se débarrasser des maux physiques ou même des problèmes de coeur, que les dames s'échangeaient en filant à la veillée.
Elément décoré de moulures et d'ornements divers qui coiffe le fût d'une colonne ou d'un pilier. Le chapiteau est essentiellement formé d'un corps (échine ou corbeille) et d'un couronnement (abaque ou tailloir). Dans l'architecture médiévale, l'astragale fait souvent partie du chapiteau.
Établissement d'un vassal, d'un dépendant ou d'un esclave sur des terres (des revenus ou du travail desquelles ils vivront). Tenure concédée à un paysan dépendant ou bénéfice concédé à un vassal.
Ouvrier spéecialisé dans la préparation de la chaux. Les vapeurs irritantes ainsi que les risques liés à la manipulation de la chaux vive en faisait un métier à haut risque.
Pour défendre l'accès au château, ce chemin oblige l'assaillant à longer le plus longtemps possible les défenses afin d'être pris sous le tir défensif.
Du bas latin caballarius. Celui qui a acquis la chevalerie par l'adoubement. C'est un noble ou gentilhomme d'un degré inférieur à celui de baron, un membre d'un ordre de chevalerie, dépendant ou fidèle d'un roi, d'une église ou d'un seigneur, auxquels il doit des services de nature surtout militaire.
Du latin caballicata, cavalvata, chevalchea. Expédition militaire, offensive ou répressive, ayant un but déterminé ou localisé; le service de chevauchée dû par les vassaux ou les communautés à leur seigneur était souvent limité par la coutume à un seul jour.
Graphisme dérivé du monogramme grec du Christ (C et r). Outre son utilisation en décoration mobilière et architecturale (panneaux de sarcophages, briques décorées, lapidaire sculpté, etc. ), il figure souvent sur les documents administratifs mérovingiens et carolingiens.
Taxe municipale apparue au XIIIème siècle en Grésivaudan. Elle est levée occasionnellement pour la construction et l'entretien des remparts (1308/15). Elle désigne un ensemble de taxes qui pèse sur le commerce et l'artisanat (souvent assimilée à une taxe sur la vente du vin au détail). Bâtiments qui servent de logement aux valets.
De l'ancien français complaindre, se plaindre. Le terme signifie chez Chrétien de Troyes en 1175, "se plaindre en justice". On trouve le sens de "chanson populaire" chez l'Estoile en 1590.
Du latin comes: compagnon (sous-entendu de l'empereur). Au Bas-Empire, conseiller permanent, assistant, par exemple, au consistoire impérial ou dirigeant les troupes impériales du palais, les domestiques. Chez les Wisigoths, ce fonctionnaire apparaît pour la première fois responsable d'une cité. Durant le Haut Moyen Âge, le comte est le représentant du roi, choisi parmi ses fidèles, envoyé en son nom, fixé dans une circonscription, le comté, ou responsable d'un groupe de cités. Il exerce au nom du roi les prérogatives publiques, le ban (justice, police, finance). Au IXe siècle, certains comtes usurpent les droits régaliens, dont il n'avaient jusque-là que la délégation, ainsi que les bénéfices reçus en contrepartie de leur vassalité et les honneurs (res de comitatu) qui leur permettaient d'exercer leur charge.
Ressort du comte; il se confond à l'époque des royaumes barbares avec l'antique cité gallo-romaine, et avec le diocèse; il n'a plus de limites fixes ensuite.
Du latin médiéval conductum. Il s'agissait au IXe siècle du chant accompagnant l'entrée du lecteur dans les offices. Par extension le terme désigna des poèmes latins non lithurgiques et un genre polyphonique des XIIe et XIIIe siècles.
Du latin commeatus, action de s'en aller. Genre poétique pratiqué à Arras. Le premier à "prendre congé" de ses proches fut Jean Bodel dans un texte particulièrement émouvant, écrit avant de se retirer dans une léproserie.
Du latin constabularius, constabulus. L'un des grands officiers d'une cour princière ou royale, ayant des fonctions d'ordre militaire; parfois, chef d'une troupe de guerriers, à pied ou àcheval,appelée constabularia.
Pierre, pièce de bois ou de métal, de section verticale carrée ou rectangulaire, partiellement engagée dans un mur et portant une charge par sa partie saillante.
À l'origine les opera corrogata sont des prestations de travail personnelles d'abord sollicitées (du latin corrogare, inviter ensemble), sous forme de labour. Elles devinrent un service collectif imposé aux serfs et aux tenanciers par le seigneur afin de lui permettre d'entretenir ses domaines. Très lourdes à l'époque franque (un jour sur deux), les corvées furent progressivement réduites à quelques jours par an.
Espace privatif d'une ferme où l'on peut trouver quelques arbres fruitiers, le four ou un puits. Enclos également destiné à la libre circulation des bêtes. Considéré aussi comme pré communal, où chacun peut laisser paître son bétail.
Arme à feu du XVe siècle pour laquelle on avait aménagé les anciennes archères en pratiquant des ouvertures rondes pour laisser passer le fût de l'arme.
Elément de muraille reliant deux bastions ou deux tours flanquant. Sorte de rideaux pendus à l'intérieur des maisons, entre des colonnes ou le long des murs.
On trouve le terme courtois sous la forme corteis (de l'ancien français court, cour au sens figuré) en 1080 dans la Chanson de Roland. La première trace du nom "courtoisie" se trouve chez Conon de Béthune au XIIe siècle. La littérature courtoise est fondée sur la notion médiévale de courtoisie élaborée dans les cours seigneuriales. Il s'agit d'une théorie et d'une pratique raffinées des rapports hommes-femmes, dans une vision idéaliste de la société du XIIIe siècle.
Petit chevron prolongeant une toiture au-delà de la partie extérieure du mur, relevant la bordure du toit et destiné à éloigner du mur l'écoulement des eaux de pluie.