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Guillaume épousa dès l'an 1311 Isabeau, fille de Guy III de Chastillon, comte de Saint-Paul, grand bouteiller de France; et en faveur de ce mariage, Enguerrand, son père, le mit en possession de la baronnie de Coucy dont il prit le titre, du vivant même de son père, et de la terre d'Oisy, sur laquelle fut assigné le douaire de son épouse, en attendant qu'elle pût le prendre sur la seigneurie d'Havraincourt, dont jouissait alors Jeanne de Flandre, veuve d'Enguerrand IV.
Cette même année, Jeanne de Guisnes, comtesse d'Eu, disputa à Enguerrand et à Guillaume, son fils, la possession des terres de Coucy, d'Oisy et de quelques autres qu'elle prétendait devoir lui appartenir du chef de Baudoin de Guisnes, châtelain de Bourbourg, son père, fils aîné d'Arnoul III, comte de Guisnes. Les prétentions de cette dame donnèrent lieu à un grand procès qui ne fut entièrement terminé que dix-huit ans après, au mois de décembre 1329, par le roi Philippe de Valois. Et par l'arrêt qui fut prononcé à ce sujet, la terre de Coucy demeura à Guillaume.
Vers le même temps Alix, dame de Malines, soeur de Baudoin de Guisnes et d'Enguerrand V, étant morte, la même comtesse d'Eu et le seigneur de Coucy se disputèrent encore cette succession. Mais en 1331, cette dame, le connétable de France son fils, et Blanche de Guisnes sa soeur, y renoncèrent en faveur de Guillaume, qui, étant mort peu de temps après, vers l'an 1335, fut enterré dans l'abbaye de Prémontré, auprès d'Enguerrand V, son père.
Guillaume laissa six enfants après lui qui partagèrent sa succession: Enguerrand VI, seigneur de Coucy; Jean qui eut la châtellenie d'Havraincourt et qui ne laissa pas de postérité; Raoul, seigneur de Mont-Mirel, qui hérita de La Ferté-Gaucher après la mort de Robert son oncle, chantre de l'église de Cambray, de la châtellenie d'Havraincourt après la mort de Jean son frère, de la terre d'Encre après la mort de Jacques de Saint-Paul son oncle maternel, de celles de Bailleul et de Hornoy après la mort d'Edouard seigneur de ces deux terres, et de celle de Romeny-sur-Marne, par la mort de Marie sa soeur. Il est souvent représenté dans l'histoire comme un des plus braves seigneurs de son temps. Il épousa Jeanne, fille de Jean, comte d'Harcourt et de Blanche de Ponthieu, comtesse d'Aumale, et en eut trois fils et quatre filles: Enguerrand, mort sans postérité, seigneur de Mont-Mirel et d'Encre après son frère, évêque premièrement de Metz puis de Noyon; Guillaume mort sans postérité; Blanche, femme de Hugues II, comte de Roucy et de Braine qui fut dame de La Ferté-Gaucher, qui hérita des terres de Mont-Mirel et d'Encre après la mort de Raoul son frère, et qui, étant mort le 24 février 1411, fut enterré dans l'abbaye de Braine; Marguerite, femme de Guy de Neelle, seigneur d'Offemont et de Mello; Marie et Agnès. Les trois autres enfants de Guillaume, seigneur de Coucy, furent Aubert, seigneur de Dionay, près de Mont-Mirel, qui épousa Jeanne de Villesavoir, dame de Droisy, dont il n'eut que deux filles: Marie, femme premièrement de Gilles, seigneur de Mailly, secondement de Gaucher de Chastillon, seigneur du Buisson, enfin de Jean de Lisac, huissier d'armes du roi; et Isabeau, femme de Raoul, seigneur de Mareval. Aubert eut aussi un bâtard, nommé Aubert comme lui, que le roi Charles VI légitima en 1398. Il est enterré avec Jeanne de Villesavoir, sa femme, dans l'abbaye de Nogent-sous-Coucy.
Ses deux soeurs furent Marie, dame de Romeny et de Chamigny, morte sans postérité, et Isabeau, dont on ne sait rien. Isabeau, femme de Guillaume, seigneur de Coucy, vivait encore en 1351 et paraît avoir été inhumée dans le tombeau de son mari.
Enguerrand VI eut, après la mort de son père, les seigneuries de Coucy, Marle, La Fère, Oisy, Boissy, etc. Le roi Philippe de Valois le maria en 1338 avec Catherine d'Autriche, fille de Léopold et de Catherine de Savoie, petite-fille de l'empereur Albert Ier et arrière-petite-fille de Rodolphe Ier, aussi empereur. L'année suivante, Edouard III, roi d'Angleterre, qui causa tant de maux à la France, ayant levé le siège de Cambray, par où il avait commencé la campagne du côté des Pays-Bas, attaqua le château d'Oisy avec quinze cents hommes. Il y eut là un grand assaut; mais ceux qui tenaient la place pour Enguerrand se défendirent si bien que les Anglais se virent obligés d'abandonner l'entreprise. Ils se vengèrent néanmoins bientôt sur les villes et châteaux de Saint-Gobain, Marle et Crécy-sur-Serre, où ils mirent le feu. Enguerrand fut un des seigneurs de France qui prirent le plus de part aux guerres de ce temps. Il alla joindre le roi en 1340, pour se trouver à la bataille qu'on devait livrer à Edouard, plutôt que de laisser prendre à ce prince la ville de Tournay qu'il tenait assiégée. En 1343, il marcha à la suite du duc de Normandie, héritier présomptif de la couronne, pour soutenir les prétentions de Charles de Blois sur le duché de Bretagne contre Jean de Montfort. En 1345 et 1346, il était dans l'armée que le même duc mena pour la même cause contre le comte de Derby, général de l'armée anglaise, et se trouva au siège d'Angoulême, mais il mourut peu de temps après, ou au plus tard en 1347, et ne laissa qu'un fils nommé Enguerrand VII, seul et unique héritier de ses biens sous la tutelle de sa mère.
Celui-ci est le dernier seigneur de sa maison qui ait possédé la terre de Coucy. C'est à lui que se termine l'histoire des seigneurs de cette ville. Mais comme la gloire qu'il s'est acquise surpasse celle de tous ses prédécesseurs, on peut dire aussi que l'histoire de ces seigneurs ne pouvait finir d'une manière plus glorieuse. Il était dans sa plus tendre enfance lorsqu'il perdit Enguerrand VI, son père. Catherine d'Autriche, sa mère et sa tutrice, veilla à son éducation, mais elle mourut de peste en 1349, avec un seigneur allemand nommé Conrade de Médebourg qu'elle avait épousé en secondes noces; et Jean de Coucy, seigneur d'Havraincourt, oncle du jeune pupille, fut chargé de sa tutelle. D'un autre côté, le roi commit de son autorité plusieurs seigneurs de marque pour le gouvernement et l'administration de la baronnie de Coucy et de ses autres terres, jusqu'à ce qu'il eût atteint l'âge de majorité.